Vous magasinez une assurance auto et vous vous demandez si vous payez pour des protections inutiles ? Ou pire : si vous êtes sous-assuré sans le savoir ? J’accompagne des clients dans la région de Montréal depuis plusieurs années, et cette confusion revient constamment. La SAAQ couvre les blessures. Point. Pour votre char, c’est une autre histoire. Ce guide vous donne les clés pour choisir sans vous faire avoir.
Points clés abordés
L’essentiel sur le choix de votre assurance auto en 4 points
- La SAAQ couvre vos blessures corporelles, jamais les dommages à votre véhicule
- Responsabilité civile minimum : 50 000 $ CA obligatoire, mais visez 1 à 2 millions
- Véhicule de moins de 5 ans ? L’avenant valeur à neuf mérite d’être considéré sérieusement
- Franchise haute = prime basse, mais attention au seuil où vous ne réclamez plus
SAAQ vs assurance privée : ce que vous devez vraiment comprendre
J’ai reçu Marc en consultation l’an dernier à Blainville. Il venait d’avoir un accrochage sur le boulevard Curé-Labelle. Bonne nouvelle : personne de blessé. Mauvaise nouvelle : 4 500 $ de dommages sur son CR-V. Il était persuadé que « la SAAQ allait payer ». La SAAQ n’a rien couvert. Pas un sou.
La confusion est compréhensible. Au Québec, on entend parler de la SAAQ partout. Mais voici la vérité que trop de gens découvrent après un sinistre : selon les données du tableau des indemnités SAAQ 2026, le régime public couvre uniquement les dommages corporels. Votre indemnité de remplacement de revenu ? Calculée sur un minimum de 62 281 $ brut annuel. L’indemnité de décès pour les proches ? 8 727 $. Mais les bosses sur votre auto ? Zéro.
SAAQ vs assureur privé : qui couvre quoi ?
SAAQ (régime public) : Blessures corporelles, indemnités de remplacement de revenu, frais médicaux liés à l’accident. Peu importe qui est responsable.
Assureur privé (obligatoire) : Dommages matériels aux autres véhicules, dommages à votre propre véhicule (si couverture souscrite), responsabilité civile.
Le régime québécois fonctionne en « no-fault » depuis 1978. Concrètement, vous ne pouvez pas poursuivre le conducteur qui vous a blessé. La SAAQ indemnise, point final. Selon le Réseau juridique du Québec, le montant maximal pour préjudice non pécuniaire atteint 295 687 $ en 2024.
Mais pour votre char ? C’est l’assurance privée. Et là, vous avez des choix à faire. Si vous cherchez à approfondir les principes en matière d’assurance, gardez en tête cette distinction fondamentale : corporel = SAAQ, matériel = privé.
Les 3 couvertures essentielles : laquelle pour votre situation ?
Je ne vais pas vous faire la liste des 47 garanties possibles. Trois couvertures comptent vraiment. Le reste, on en parle avec votre courtier si votre situation le justifie.
Responsabilité civile : le minimum légal (et ses limites)
D’après les informations d’Éducaloi sur l’assurance, la loi exige un minimum de 50 000 $ CA en responsabilité civile. C’est le chapitre A de votre contrat.
Franchement, 50 000 $, c’est ridicule en 2026. Un accident grave impliquant un piéton ou des dommages à plusieurs véhicules peut facilement dépasser ce montant. Selon le Groupement des assureurs automobiles, les Québécois souscrivent généralement entre 1 et 2 millions de dollars. Mon avis ? Visez au moins 1 million. La différence de prime est souvent minime pour une protection nettement supérieure.
Cette couverture paie les dommages que vous causez aux autres. Pas à vous-même, pas à votre véhicule.
Collision et versement : protéger votre char contre vous-même
Vous frappez un poteau de stationnement au Carrefour Laval. Vous dérapez sur une plaque de glace en janvier. Vous accrochez le muret du garage. Dans ces trois cas, si vous n’avez pas la couverture collision, vous payez de votre poche.

J’ai accompagné Sophie, une cliente de Laval, qui avait un VUS familial de 35 000 $. Responsabilité civile seule. Collision responsable : 12 000 $ de dommages. Non couverts. Elle a ajouté la collision au renouvellement suivant. Trop tard pour ce sinistre-là.
La couverture « versement » (parfois appelée « risques spécifiés ») couvre les événements hors collision : vol, vandalisme, grêle, feu. Si vous stationnez dans la rue à Montréal, c’est à considérer sérieusement. Pour explorer vos options et obtenir une soumission adaptée à votre profil, des ressources comme jgfortin.com peuvent vous guider dans votre démarche.
Tous risques : pour qui ça vaut vraiment le coût
Le « tous risques » combine collision et versement. C’est la protection maximale pour votre véhicule. Mon avis (qui n’engage que moi) : pour un char neuf ou récent, c’est souvent la seule option sensée.
Calculez rapidement : si votre véhicule vaut 30 000 $ et que vous n’avez pas les moyens de le remplacer de votre poche en cas de perte totale, la question est réglée.
Quelle couverture pour votre profil ?
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Véhicule neuf (moins de 3 ans) :
Tous risques + avenant valeur à neuf. Pas de discussion.
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Véhicule récent (3-7 ans) :
Collision fortement recommandée. Évaluez le versement selon votre quartier et usage.
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Véhicule âgé (plus de 7 ans, valeur sous 5 000 $) :
Responsabilité civile peut suffire. Gardez l’argent de la prime pour un éventuel remplacement.
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Usage commercial ou Uber :
Couverture spécifique obligatoire. Votre police personnelle ne couvre pas.
| Couverture | Ce qui est remboursé | Exemple concret | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Responsabilité civile | Dommages causés aux autres (personnes, véhicules, biens) | Vous frappez le VUS du voisin : sa réparation est couverte, pas la vôtre | Obligatoire pour tous, mais insuffisant seul pour véhicule de valeur |
| Collision | Dommages à votre véhicule suite à une collision (même responsable) | Vous dérapez sur glace et frappez un poteau : réparation couverte | Véhicule de plus de 8 000 $ que vous ne pouvez remplacer de votre poche |
| Tous risques | Collision + vol, vandalisme, grêle, feu, bris de vitre | Votre auto est vandalisée au centre-ville de Montréal : réparation couverte | Véhicule récent, stationnement extérieur, région à risque météo |
Franchise : l’erreur que je vois toutes les semaines

Voici ce qui me met hors de moi. Un client me dit fièrement : « J’ai pris une franchise de 1 000 $ pour économiser sur ma prime. » Parfait. Sauf que trois mois plus tard, il a un accrochage à 850 $. Il ne réclame pas. Perte sèche.
Le piège de la franchise trop haute
Si vos dommages habituels sont inférieurs à votre franchise, vous payez une prime pour une protection que vous n’utiliserez jamais. Calculez votre seuil de rentabilité avant de choisir.
Dans ma pratique, je constate régulièrement que des clients choisissent une franchise de 1 000 $ pour économiser sur leur prime, puis renoncent à réclamer pour des dommages de 800-900 $. Sur les dossiers que j’ai traités dans la région de Montréal ces dernières années, cette erreur représente une perte sèche fréquente. Ce constat est limité à mon périmètre et peut varier selon votre profil et votre assureur.
La franchise typique au Québec varie entre 250 $ et 1 000 $. Voici ma règle simple : si vous ne pouvez pas absorber le montant de votre franchise sans stress financier, elle est trop haute. Et si vous êtes du genre à avoir des accrochages mineurs régulièrement (stationnement serré, conduite urbaine), la franchise basse vous servira.
250 à 1 000 $ CA
Fourchette typique des franchises au Québec selon le type de couverture
Attention au piège classique de la franchise trop haute : l’économie de 15 $ par mois sur la prime ne vaut rien si vous absorbez 750 $ de plus en cas de sinistre.
Avenant valeur à neuf : mon avis franc pour les véhicules récents
Un véhicule neuf perd environ 20 % de sa valeur la première année. C’est ce qu’indique l’analyse de Guide Auto sur la dépréciation. Les années suivantes, comptez 10-15 % par an. Après 5 ans ? Environ 50 % du prix initial envolé.
Sans avenant valeur à neuf, en cas de perte totale, votre assureur vous rembourse la valeur dépréciée. Vous avez payé 45 000 $ il y a 18 mois ? Vous recevez peut-être 34 000 $. Bonne chance pour racheter le même véhicule.

Les Plus
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Remplacement à la valeur d’achat en cas de perte totale
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Protection contre la dépréciation rapide des premières années
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Tranquillité d’esprit pour véhicule financé ou loué
Les Moins
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Coût additionnel sur la prime (variable selon assureur)
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Durée limitée (généralement 2 à 5 ans selon les polices)
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Inutile si véhicule déjà déprécié significativement
Conseil pro : Si votre véhicule vaut plus de 25 000 $ et a moins de 3 ans, l’avenant valeur à neuf est selon moi incontournable. Le coût additionnel représente une fraction de la perte potentielle en cas de sinistre majeur. Passé 5 ans ou sous 15 000 $ de valeur, l’équation change.
Les conditions d’éligibilité varient selon les assureurs. Certains limitent à 2-3 ans, d’autres vont jusqu’à 5 ans. Demandez les détails exacts à votre courtier avant de signer. Et si vous comparez les pratiques internationales, sachez que des mécanismes comme la loi Hamon pour votre assurance auto en France facilitent les changements de contrat, alors qu’au Québec les règles de résiliation suivent d’autres logiques.
Vos questions sur l’assurance véhicule au Québec
La SAAQ, ça couvre pas déjà tout ?
Non. La SAAQ couvre uniquement les blessures corporelles, peu importe qui est responsable de l’accident. Tous les dommages matériels (votre véhicule, celui des autres, les biens endommagés) relèvent de l’assurance privée. C’est la distinction fondamentale que beaucoup de Québécois découvrent trop tard.
C’est quoi la différence entre collision et tous risques ?
La collision couvre les dommages à votre véhicule lors d’un impact (avec un autre véhicule, un objet, le sol). Le « tous risques » ajoute les événements hors collision : vol, vandalisme, grêle, feu, bris de vitre. Si vous stationnez dehors ou dans un quartier à risque, le tous risques offre une protection plus complète.
Ma prime a augmenté sans accident, c’est normal ?
Oui, c’est fréquent. Plusieurs facteurs influencent votre prime : l’inflation du coût des pièces et réparations, les statistiques de sinistres dans votre région, votre âge, votre historique global, et même le modèle de véhicule (certains sont plus volés ou coûteux à réparer). Demandez à votre courtier de détailler les raisons précises de votre augmentation.
L’avenant valeur à neuf, ça vaut vraiment le coût ?
Pour un véhicule neuf ou de moins de 3 ans valant plus de 25 000 $, mon avis est oui. La dépréciation de 20 % la première année représente 5 000 $ ou plus de perte potentielle en cas de perte totale. Le coût de l’avenant est généralement bien inférieur à ce risque. Après 5 ans ou pour un véhicule de faible valeur, l’équation devient moins favorable.
Courtier ou assureur direct : quelle différence ?
Un courtier compare les offres de plusieurs assureurs et travaille pour vous. Un agent captif représente un seul assureur. Avantage du courtier : il peut magasiner pour vous et trouver la meilleure combinaison prix/couverture. Avantage de l’assureur direct : parfois des primes légèrement plus basses (pas de commission courtier). Dans les deux cas, vérifiez que votre interlocuteur est certifié par l’AMF.
Votre prochaine étape concrète
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Sortez votre police actuelle et vérifiez si vous avez la couverture collision
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Notez votre franchise actuelle et demandez-vous si vous pourriez l’absorber demain
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Si votre véhicule a moins de 5 ans, vérifiez si l’avenant valeur à neuf est inclus ou disponible
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Appelez votre courtier cette semaine pour valider que votre couverture correspond à votre usage réel
Plutôt que de laisser ce guide dormir dans un onglet, posez-vous une question simple : si votre char est une perte totale demain, combien recevez-vous et combien coûte son remplacement ? Si l’écart vous inquiète, vous savez quoi faire.
